Intersessions 2019 : que s’est-il passé du côté des technologies ?

« Donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toujours ». Cet adage est un proverbe africain ancestral mais qui n’a pas pour autant perdu son actualité et dont ressortent les principaux enjeux du sujet de négociations « développement et transfert de technologies ».

 

 

Tout d’abord, un bref rappel : que sont les technologies climatiques et pourquoi en avons-nous besoin ?

 

Les technologies climatiques peuvent se révéler être d’indispensables outils dans la lutte contre le changement climatique. Néanmoins, vous vous doutez qu’ici nous ne parlerons pas de n’importe quel type de technologie. En effet, l’attention est portée uniquement sur deux catégories de technologies s’inscrivant dans les deux axes d’action de la CCNUCC – à savoir la mitigation et l’adaptation. Nous avons donc, d’une part, les technologies nous permettant de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (technologies de mitigation) et, d’autre part, les technologies nous permettant de minimiser les impacts du changement climatique sur nos sociétés (technologies d’adaptation).

Plus concrètement, les technologies de mitigation, contribuant à rendre nos sociétés bas-carbone sont, par exemple, les structures de développement d’énergies renouvelables (éoliennes, stations de géothermie, piles à hydrogène…) ou encore les processus s’inscrivant dans l’économie circulaire telles que les stations de recyclage.

Les technologies d’adaptation, qui, quant à elles, permettent rendre les systèmes plus résilients face à la crise climatique, peuvent par exemple être retrouvées dans les biotechnologies (plants résistants aux sécheresses).

De plus, lors de réunions d’expert.e.s, l’accent a également été mis sur les solutions inspirées de la nature dites « eco-based solutions ». Ces technologies de restauration (de mangroves, de plages etc…) sont particulièrement utiles au niveau des zones côtières, par exemple afin de limiter l’érosion et les ravages dus à la montée du niveau des eaux.

 

Les enjeux soulevés par les technologies dans les négociations climatiques

 

Un des enjeux principaux du thème est le transfert de technologies. En effet, tout un aspect des stratégies mises en place vise à répondre à un défi d’égalité entre les pays développés et les pays en développement afin que tous.tes puissent bénéficier d’un accès facilité aux technologies mais aussi aux connaissances et outils de maintenance associés.

Les technologies soulèvent également des problématiques de redistribution des bénéfices inhérents au développement de celles-ci et d’équité entre les populations au sein même d’un pays (équité des genres notamment).

Grâce aux institutions supportant le transfert de technologies, les pays développés peuvent mettre en place des projets pour permettre aux pays en développement de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de s’adapter aux impacts du changement climatique.

 

Quels ont été les sujets de discussion évoqués lors de ces intersessions ?

 

Programme stratégique de Poznań :

Plusieurs discussions concernant ce sujet ont été abordées aux intersessions. L’une d’entre elles concernait le programme stratégique de Poznań : créé en 2007, il a pour objectif d’aider les « pays du Sud » à mettre en place des technologies adaptées à leur contexte général. Faisant l’objet de rapports annuels décrivant l’avancée, année par année, du projet de développement ainsi que de recommandations, le but de la négociation était de produire une trame discutant des conclusions tirées de ces rapports et de la prise en compte (ou non) des recommandations ainsi faites. Cette trame sera présentée, telle quelle, à la prochaine COP, où elle sera alors éventuellement discutée puis ratifiée par toutes les parties.

 

Parties se réunissant spontanément par groupes d’intérêt pour discuter de la trame avant de donner leur accord sur celle-ci.

 

Discussions autour des délais communs appliqués à la technologie :

Un autre point majeur de discussion portait sur les délais communs appelés en anglais CTF pour « Common Time Frames ». En effet, lors de la COP24 en décembre dernier, les États ne sont pas parvenus à s’accorder sur l’intervalle de temps adapté pour faire un retour partagé d’expérience. Beaucoup d’ONG et certains États revendiquent que ces retours doivent se faire tous les 5 ans afin que la mise en place de l’Accord de Paris soit plus rapide mais aussi pour que celui-ci coïncide avec le « global stocktake » (grand bilan mondial de l’Accord de Paris, prévu en 2023 puis tous les 5 ans). D’autres États préfèrent installer ce retour d’expérience tous les 10 ans afin de ne pas être amenés à changer de politique au sein d’un même mandat et avoir plus de temps pour prendre des mesures. Pour le moment, aucune décision n’a été prise de ce côté, de nouvelles sessions de négociations ont en ce moment lieu pendant la deuxième semaine afin de sortir de cette impasse.

À cette problématique de temps s’est ajoutée une problématique de format. En effet, les parties ont également dû s’accorder sur le format le mieux adapté pour être le plus transparent possible lors du suivi de la mise en place des objectifs nationaux. Cette tâche n’est pas aisée au vu de la complexité des informations à résumer dans un tableau.

 

Réunion informelle du SBSTA autour des CTF afin de reporter les informations nécessaires lors du suivi des progrès effectués lors de la mise en place des contributions déterminées au niveau national. Source : IISD reporting services.

 

Pour aller plus loin :

 

Article rédigé par Emma Calikanzaros, étudiante observatrice pour le REFEDD aux intersessions et membre de l’association Bio’Campus, de Sup’Biotech.

REFEDD:

0 Comments

Would you like to share your thoughts?

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.