Retour sur notre Afterwork à Lyon : Les métiers de la gestion des déchets

Retour sur notre Afterwork à Lyon : Les métiers de la gestion des déchets

12 mars 2020 Formation & Emploi 0

Mercredi 26 février à Lyon a eu lieu le troisième Afterwork de la saison. Cet événement dédié à l’insertion professionnelle se concentrait cette fois-ci sur les métiers liés aux déchets et à leur gestion. 

Économie circulaire : un levier d’action majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique

L’évolution des modes de vie et de consommation a donné lieu à un doublement des quantités de déchets générées par les ménages. En 2015, nous avons produit 30,6 Mtonnes par habitant.e. A cela, il convient d’ajouter la production de 290,5 Mtonnes de déchets pour les activités économiques et de 4 Mtonnes pour les collectivités. Il existe un réel impératif à améliorer la gestion des déchets, tant en raison des enjeux environnementaux et sanitaires que des enjeux financiers qu’elle soulève.

Les objectifs fixés par la loi de Transition énergétique pour la croissance verte (2015) tant en matière de prévention que de recyclage, sont plus que jamais d’actualité.

Entre autres :

  • diminution de 10 % de la production de déchets ménagers et de ceux de certaines activités économiques (dont les déchets alimentaires) d’ici à 2020 ;
  • recyclage de 65 % des déchets non dangereux d’ici à 2025 ; 
  • réduction du stockage de 50 % d’ici 2025 ;
  • généralisation d’ici 2025 d’un tri à la source des biodéchets pour tout type de producteurs ;
  • développement des filières à responsabilité élargie des producteurs pour couvrir un plus grand nombre de produits (…) 

Il s’est avéré nécessaire d’infléchir la tendance par la mise en place, sous l’impulsion des pouvoirs publics, d’actions visant à réduire la production de déchets et à une gestion efficace des ressources qui engage notre modèle de production et de consommation vers une évolution profonde : l’économie circulaire. En respectant les 5R soit refuser, réduire, réutiliser, recycler, composter (Refuse, Reduce, Reuse, Recycle et Root, en anglais). 

Mais comment atteindre cette logique ? Qui sont les acteurs.rice.s du territoire lyonnais qui peuvent nous aider ? Quels secteurs d’activités évoluent  ? Quels sont les opportunités et les risques ?

Qui sont ces acteur.rice.s de l’économie circulaire sur le territoire lyonnais ?

Pour répondre à ces questions, nous avons accueillis à la Maison de l’Environnement:

  • Sarah DESMURS, Coordinatrice des événements et de l’accompagnement de collectifs d’habitants chez Mouvement de palier

Malheureusement, Jonathan Andrade de Nouvelle Attitude et Maëlle Bretaudeau de Aremacs n’ont pas pu être présent.e.s. 

Cet Afterwork a débuté par une table ronde composée des professionnelle.e.s présenté.e.s ci-dessus,  animée par Markus Lescurat, bénévole au REFEDD depuis octobre. Le public, composé d’étudiant.e.s en gestion d’entreprise et en environnement, de personnes en reconversion professionnelle et de professionnel.le.s mais aussi de curieux.ses, n’a pas hésité à poser des questions tout au long de la table ronde afin d’approfondir l’échange. Ensuite, nous avons enchainé sur un moment plus convivial autour d’un buffet. 

Ce qui ressort de l’échange

Jesse a commencé par présenter son métier d’upcycling, soit la transformation manuelle et créative de déchets qui permet de relancer l’économie. Son métier passe par l’artisanat d’abord et l’entrepreneuriat ensuite. En plein travaux pour son nouvel espace, conçut de manière collaborative, Jesse nous a présenté l’Atelier des nouveaux design : un espace de création avec des ateliers ouverts à tous.te.s et une boutique dédiée au réemploi et au faire soi-même. Pour elle, la valorisation des déchets est un bon moyen d’agir sur sa consommation puisqu’on voit vraiment ce qu’elle représente. 

Ensuite, Sarah a présenté Mouvement de palier et son poste de salariée là-bas. L’association a pour mission de former et d’accompagner dans leurs missions tous les citoyen.ne.s qui souhaitent devenir Ambassadeur.rice.s pour le tri et la réduction des déchets. Bénévole de la première heure, Sarah a créé son propre poste au sein de l’association dans l’accompagnement de collectifs d’habitant.e.s. En d’autres termes, elle aborde et forme les personnes et groupes aux enjeux autour des déchets dans les immeubles, les lieux de travail, les associations et les écoles. Pour cela, elle a un catalogue de formations afin de sensibiliser et pousser à l’engagement. De la même manière, elle facilite le passage à l’action en distribuant des  “stop-pubs”, ou en poussant à l’utilisation de mug. Mais elle se focalise aussi sur la manière de créer du lien et des connexions, en favorisant la création de boite à partage ou de conversations de groupe entre voisins etc… Des visites gratuites de centre de tri sont aussi organisées. A leur manière, Jesse et Sarah créent de l’interaction via la gestion, la réduction et/ou la revalorisation des déchets. 

Toutes deux voient une vive évolution dans la perception du déchet. Sarah le remarque d’autant plus auprès des collectivités, alors que Jesse le vois davantage chez les entreprises qui font appel à elle pour récupérer certains déchets comme les bâches publicitaires, les kakemonos ou autre supports de communication. Toutefois, les entreprises voient encore cette action comme un service pour l’association, et pas forcément comme une prestation, alors qu’elles seraient prêtes à payer pour qu’une grosse entreprise gère leurs déchets (bien que la logistique derrière la récupération des déchets est équivalente). L’enjeu ici serait de faire financer cette prestation par les entreprises, ce qui ferait évoluer leur « business model ». 

Pour Sarah, un des enjeux qu’elle soulève est que Mouvement de Palier a du mal à attirer les territoires péri-urbains. 

Enfin, un enjeu sous-jacent de ce milieu est la non mixité. En effet, dans leurs deux associations, et dans d’autres qui sensibilisent à la gestion des déchets, il y a une forte représentation de femmes. Jesse explique ce phénomène par le fait qu’en général les milieux de l’environnement et les milieux associatifs comptent plus de femmes. Un sujet passionnant à explorer. 

Pour finir, les deux intervenantes de la soirées ont donné quelques conseils : Se pencher sur la gestion de ses déchets personnels, ne pas se culpabiliser, ou encore oser sortir de sa zone de confort. En terme d’insertion professionnelle, même s’il y a quelques recrutements dans les collectivités, il est plus probable que les entreprises privées de gestion de déchets et les associations embauchent. Sinon, pourquoi pas faire comme Sarah et pousser son destin en créant son propre poste. 

Myllane Kebir

REFEDD:

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