Retour sur la table ronde “Demain, la faim du monde ?” aux RENEDD 2019 !

12 juin 2019 Alimentation durable 0

C’est avec beaucoup d’impatience que les participant.e.s se sont installé.e.s dans une des salles de la Maison Internationale de la Cité Universitaire de Paris pour écouter ce que nos trois intervenant.e.s avaient à dire sur le sujet de l’alimentation durable et des challenges que nous réservent le futur. Retour sur 2h de réflexion et de débat autour des enjeux de l’alimentation !

 

 

3 intervenant.es aux profils différents

Juliette Duquesne : Journaliste indépendante ; après avoir travaillé 10 ans chez TF1, elle s’est spécialisé dans les questions de consommation et plus précisément dans les questions alimentaires. Depuis 3 ans, elle écrit en collaboration avec Pierre Rabhi des carnets d’alertes sur des sujets tels que l’agroécologie, les semences, les OGM, les excès de la finance ou bien la faim dans le monde. Elle est souvent « sur le terrain », à la rencontre des populations les plus affectées par la précarité alimentaire à cause du changement climatique ou bien des déséquilibres financiers.

Tom Baquerre : Salarié chez Greenpeace, il est chargé de mobilisation et coordination des groupe locaux, mais également en charge de la campagne sur les cantines scolaires et la durabilité des menus dans les établissements de restauration collective. Son expertise dans la restauration collective nous a permis d’évoquer la question de l’organisation du choix des menus dans les CROUS et les cantines, et comment les lobbys de la viande ou du lait font pression pour avoir une place importante sur les marchés d’achat des produits qui finissent dans nos assiettes au restaurant universitaire. D’ailleurs, ce jour-là, il organisait également la marche contre Monsanto à Paris !

Julie Savoie : Membre de l’association I Feed Good, ayant pour but de mettre en avant des initiatives dans l’alimentation durable, elle a fait un tour du monde à la découverte de projets inspirants. Aujourd’hui, elle se bat pour réduire le gaspillage alimentaire en restauration collective.

 

État des lieux et solutions

 

Au niveau de l’agriculture :
40% de la population mondiale est aujourd’hui en sous-alimentation ; environ 1 personne toutes les 6 secondes qui meurt de faim. En même temps, nous gaspillons toujours la nourriture dans les pays dit « développés ». Le paradoxe est d’autant plus surprenant lorsque l’on apprend que les pays dit « en développement » dédient aujourd’hui des terres à la culture de produits qui seront ensuite exportés, alors qu’ils pourraient y cultiver des ressources pour les populations locales. Juliette Duquesne nous a par exemple parlé de son expérience au Burkina Faso, un pays qui a réorienté la paysannerie autour de la culture du coton dédié à l’exportation.

Au niveau local, le constat est le même : l’industrialisation de l’agriculture a donné naissance à la monoculture, nocive pour les sols et la biodiversité.

Nous avons parlé d’agriculture urbaine également : nos 3 expert.e.s étaient d’accord sur le fait que c’est un bon outil pour sensibiliser et éduquer, mais que ce n’est pas suffisant pour nourrir toutes les populations.

Une solution à défendre est bien sûr l’agroécologie, un système plus respectueux de la nature qui travaille directement en harmonie avec les mécanismes naturels de la planète. Ce mode d’agriculture respecte les saisons et n’hésite pas à combiner certaines plantes pour maximiser la diversité afin d’enrichir les sols. On dit aussi bye-bye aux pesticides et autres intrants chimiques qui pourraient perturber ce cycle ! C’est assez scientifique, mais au final c’est simplement de la logique et du bon sens. Dans les pays où les moyens sont peu élevés et les accès à la technologie sont limités, l’agroécologie peut se révéler être une véritable solution et alternative à l’agriculture industrielle, tout en donnant des bons rendements.

 

 

Au niveau local et de la restauration collective :

Les enfants consomment actuellement près de 4 fois trop de protéines animales dans les cantines. Et quand on apprend en plus que les cantines scolaires représentent environ 1 milliard de repas servis par an, ça fait peur. Tom Baquerre nous a surtout mis en garde sur les présences monstrueuses des lobbys de la viande et des produits laitiers sur les marchés d’achats. Vous trouverez ici le rapport de Greenpeace sur les menus proposés dans la restauration collective et le pouvoir des lobbys.

Au niveau étudiant, le constat est le même. Chaque CROUS est indépendant de choisir ses menus, mais les mentalités ont encore du mal à changer et il est encore vu comme « difficile » pour un directeur de CROUS de proposer des options végétariennes ou végétaliennes au R.U. De plus, autre obstacle, comme les repas sont basés sur des recommandations nutritionnelles basées sur les rapports du PNLS, il faut plus de quantité dans l’assiette pour un plat végétarien qui doit atteindre par exemple 600 kcal, que pour une assiette avec de la viande qui aura une valeur calorique plus élevée.

Mais le REFEDD peut vous aider si vous souhaitez démarcher le responsable du CROUS à proximité de votre université, n’hésitez pas à nous contacter !

 

Mais dans tout ça il y a quand même du positif ? Si l’on devait retenir des initiatives qui font du bien au moral !

 

Pour Juliette Duquesne, une initiative qui est inspirante est celle d’éleveur.euse.s BIO en Bretagne qui font attention à ce que tous les producteur.trice.s ne passent pas tous en BIO en même temps afin d’assurer une distribution et une coordination dans les points de vente.

Pour Julie Savoie, c’est les supermarchés coopératifs, comme la Louve à Paris : vous donnez 3h de votre temps par mois et vous bénéficiez de produits de qualité à des prix souvent avantageux. Ces établissements sont également dirigés par une gouvernance horizontale, où tout le monde a son mot à dire !

Enfin, pour Tom Baquerre, c’est en octobre 2018, dans le cadre de la loi EgaLim, quand qu’il a été voté d’instaurer un repas végétarien par semaine à partir du 1er Novembre 2019 dans les cantines. Même si cela est limité à une période d’expérimentation de 2 ans, c’est déjà un bon pas et surtout un moyen de faire changer les mentalités !

 

Une autre bonne initiative : la disco-soupe du samedi soir aux RENEDD ! On cuisine ensemble des invendus alimentaires <3

Ressources utiles :

Article rédigé par Louise Dubreuil.

REFEDD:

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