Rencontre avec Guillaume Robert, étudiant membre de la Convention Citoyenne pour le Climat

Rencontre avec Guillaume Robert, étudiant membre de la Convention Citoyenne pour le Climat

30 juillet 2020 Climat, Les initiatives DD 0

L’équipe du Refedd a rencontré Guillaume Robert, un étudiant de 24 ans en Master 2 « Encadrement éducatif » à l’INSPE de la Réunion. Il a fait partie des citoyen.n.e.s tiré.e.s au sort pour la Convention Citoyenne pour le Climat. Il a accepté de répondre à nos questions, de revenir sur son expérience et de nous présenter et expliquer le coeur de la Convention. 

Te sentais-tu concerné par les enjeux environnementaux avant de participer à la Convention Citoyenne ? Est-ce que ta vision de ces enjeux a changé ?

En vivant sur une île classée au patrimoine mondial, j’étais conscient qu’il fallait la préserver, mais j’étais loin de penser que nous en étions à ce stade de gravité. Je suis impliqué depuis plus de 3 ans dans l’éducation à l’environnement. J’ai eu la chance d’être assistant d’éducation dans un collège où, avec des professeurs, nous avons mis en place toute une démarche d’éducation au développement durable. La Convention a changé mon regard sur l’urgence d’agir, nous n’avons plus le temps d’entrer dans des débats stériles : il faut agir et agir bien, vite.

Quelle a été ta réaction quand tu as appris que tu avais été tiré au sort pour participer à la Convention Citoyenne pour le Climat ?

On m’a appelé à 22h avec un numéro assez « chelou ». J’ai donc été surpris, j’y ai pas cru et, après coup, j’étais heureux de faire partie de cette fabuleuse aventure.

As-tu dû aménager ton emploi du temps pour que cela corresponde aux dates des sessions ? Comment celles-ci s’organisaient-elles ?

Oui, mon emploi du temps devait jongler entre travail, études, mon association et ma vie personnelle. Pas facile, une année de concours surtout. Mon employeur m’a beaucoup aidé en me permettant de m’absenter, mais il a fallu aussi faire des sacrifices tant personnels que professionnels. Mes études ont sans doute été impactées, j’ai dû passer mon concours de CPE sur Paris, sinon je ne pouvais pas assister à la session de la Convention. Le membre du Bureau d’Accueil des Membres, le rapporteur général et les collaborateurs étaient à l’écoute et ont su mettre tous les moyens possibles pour garantir le moins de désagrément possible.

Y-a-t’il eu des aides ou des actions mises en places pour celles et ceux qui n’habitaient pas à Paris (transports, logements… ) ?

L’ensemble de nos frais de déplacements étaient pris en charge. Nous avons été accompagné.e.s au mieux dans notre travail au sein de la convention.

Comment les groupes de travail étaient-ils mis en place (tirage au sort, choix…) ?

Le maître est le TIRAGE AU SORT. Du début à la fin, le tirage au sort était au centre de tout. Les couleurs présentes sur nos badges ont été tirées au sort pour nous attribuer à un groupe thématique. Nous n’avons pas choisi d’être dans tel ou tel groupe. Mais des échanges intergroupes nous permettaient de suivre l’avancement des travaux de l’ensemble des groupes. Nous avons travaillé avec une réflexion en entonnoir pour ressortir avec les mesures les plus pertinentes pour nous et les plus abouties. Il y avait beaucoup plus que 146 mesures, mais ce sont celles que nous avons travaillées à fond. Il a fallu faire des choix et c’est normal, sinon la convention n’aurait jamais eu de fin. On peut toujours trouver d’autres idées, mais il vaut mieux aller au bout de 146 mesures que de se mettre en échec pour 500.

Quels sont les thèmes qui te tenaient le plus à cœur ? Te sens-tu concerné par des propositions en particulier ? 

La proposition qui me tient le plus à cœur, c’est celle de l’éducation. J’ai, pendant ma licence, fait un travail de recherche sur l’éducation à l’environnement. Ce travail m’a permis de voir qu’il y avait une véritable attente dans ce domaine. C’est un domaine clé ! Comment peut-on mettre en pratique les 146 mesures dans le long terme si nous n’éduquons pas la société future (nos jeunes) à un autre mode de consommation, à une nouvelle manière de travailler. La proposition sur l’éducation est le fruit d’échanges, de partages avec l’ensemble des groupes. Il y a aussi les DOM TOM, j’ai attaché ma participation à la convention à prendre en compte les particularités ultramarines et il y en a. Les outre-mer sont aux premières loges du réchauffement climatique, mais peuvent être aussi de formidables exemples pour la métropole en terme d’autonomie énergétique et alimentaire.

Peux tu nous parler un peu de la proposition liée à l’éducation ?

L’éducation doit être au centre du changement de société. Aujourd’hui, cette éducation à l’environnement peine à se développer. Il faut aller plus loin en instaurant l’EDD comme une matière à part entière, car oui, l’éducation à l’environnement est aussi importante. Il faut aussi la développer dans les formations du supérieur, des professionnels. Cette éducation doit devenir une formation éco-citoyenne. Il faut aller plus vite, puisqu’on n’a plus le temps, les jeunes nous le réclament, nous devons trouver des réponses concrètes à leurs demandes. Cette mesure sur l’éducation est la base de la construction d’une éducation à l’environnement plus impactante, plus présente pour forger la société de demain.

Toi qui es étudiant, que penses-tu de cette proposition (éducation) ? Est-ce que tu penses qu’elle va faire changer l’enseignement supérieur ?

Je pense que c’est une très bonne chose d’aller encore plus vite dans ce domaine. Elle va changer oui, pourquoi pas même révolutionner, car oui nous devons révolutionner chaque strate de notre société pour répondre au défi de ce siècle.

Es-tu satisfait des résultats? En attendais-tu plus ?

Je ne peux pas répondre sur le résultat, j’attends des actes de notre gouvernement. Je suis fier et satisfait du travail citoyen. Nous avons montré que les citoyens sont capables, lorsque qu’on leur donne les moyens, de trouver des solutions concrètes.

Propos recueillis par Pauline Hury, assistante communication et stagiaire au REFEDD

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