Genre et justice climatique : quelle place pour les femmes dans les négociations climatiques ?

24 janvier 2017 Le REFEDD en actions

Emma faisait partie de l’équipe du REFEDD déléguée à la COY12 et COP22 de Marrakech. Découvrez sa rencontre avec Fatoussar, une jeune femme sénégalaise engagée pour la défense de l’environnement. 

 

Femmes et Hommes ne sont pas égaux face au dérèglement climatique. C’est une idée dérangeante mais pourtant vraie dans de nombreux endroits sur Terre.

En novembre dernier se déroulait la COP22 à Marrakech. Suite logique de la COP21, les états du monde entier se sont rassemblés pendant deux semaines de négociations climatiques pour décider de la mise en œuvre des Accords de Paris pour le climat.J’y étais présente pour représenter le REFEDD et j’ai rencontré Fatoussar.

 

Fatoussar, collectrice-transformatrice de coquillages de Mangrove dans le delta du Saloum

Fatoussar est sénégalaise, et si elle était à la COP22, c’est parce que le projet dont elle fait partie – la défense de l’écosystème du delta du Saloum – a gagné un prix de la « Women and Gender Constituency » (WGC), un groupe d’ONG qui défend les intérêts des femmes lors des négociations climatiques.

Elle était assise, immobile et silencieuse au stand de la WGC lorsque je l’ai rencontrée. Réservée, elle a refusé que je la prenne en photo, mais a finalement accepté de me parler du projet dont elle fait partie.

Elle vient du delta du Saloum, où l’exode rural concerne principalement les hommes, tandis que les femmes sont traditionnellement responsables de la pêche et la vente des coquillages de mangroves. Dans cette région, les ressources du delta sont menacées par la montée des eaux, les fortes migrations vers les côtes et la surpêche.

Femme exploitante des arches à Djirnda exibant son Panier de Moundé. Source : Dieudonné Bahemuka BAKANOVA, 2009.

Grâce à l’association Enda Graf Sahel, Fatoussar, ainsi que plus de 4000 autres femmes, ont été formées pour défendre et cultiver de façon responsable cet écosystème classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sans l’aide de cette association et de la bonne volonté des collectivités locales qui soutiennent ce projet, les femmes du delta du Saloum seraient privées de l’une de leur principale activité économique à cause du dérèglement climatique. En effet, elles ont la charge de leur famille, ce qui les empêche d’aller travailler en ville comme le font les hommes.

 

La voix des femmes à la COP22

Le pourcentage des femmes dans le processus de négociations est en progression, comme le montre l’infographie ci-dessous. Mais ce n’est pas suffisant, car ce n’est pas pour autant que la différence d’exposition face au dérèglement climatique est combattue dans les pays présents à la COP22.

 

Source : UNFCCC : progress on achieving gender balance – by the numbers, quick overview WEDO.org

 

WGC plaide pour que cette inégalité soit prise en compte lors des négociations. Leur travail transparaît d’ores et déjà dans l’accord de Paris, où la nécessité d’atteindre l’égalité femme-homme face au dérèglement climatique est reconnue. Toutefois, un long chemin est encore à parcourir pour que l’ensemble des pays de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) prennent en compte cette réalité.

Prochaine étape : la présence de la volonté de lutter contre ces inégalités confirmée dans tous les NDCs ! (Nationally Determined Contributions, le document dans lequel les états indiquent leur engagement à l’échelle nationale).

 

Article écrit par Emma Jagu.

 

Cassandre Charrier: