Genève : une nouvelle étape avant la COP21

Genève : une nouvelle étape avant la COP21

16 février 2015 Climat 0

Salle plénière intersession Bonn 2015

Du 8 au 13 février 2015 s’est tenue à Genève une conférence internationale sur le climat à laquelle nous avons pu prendre part en tant que représentants du REFEDD.

Tout d’abord, voici quelques éléments contextuel pour bien comprendre les enjeux. Du 30 novembre au 11 décembre 2015 se tiendra au Bourget, en région parisienne, la 21ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP21). Son objectif sera l’adoption d’un accord qui définira le cadre de l’action internationale sur la lutte contre les dérèglements climatiques. Cet accord prendra effet à partir de 2020, date à laquelle les accords de Kyoto prendront fin. Le nouvel accord traitera notamment de l’atténuation du changement climatique à travers la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de l’adaptation des sociétés humaines à ses effets… ou des compensations et aides à apporter à ceux qui ne pourront y faire face.

Un accord si conséquent pour l’avenir des presque 200 pays qui seront représentés à la COP21 ne se prépare pas en deux semaines. L’année 2015 sera ainsi jalonnée de rencontres formelles et informelles entre chefs d’Etats et de gouvernements, ministres et diplomates, afin de dégager un consensus sur le contenu du texte qui sera adopté en décembre. La Conférence de Genève du 8 au 13 février en était la première.

Où en sommes-nous après Genève ?

Les négociations entre Etats dans le cadre onusien n’ont pas, à proprement parlé, recommencé à Genève. Celles-ci commenceront formellement en Allemagne, à Bonn, en juin. L’objectif de la semaine genevoise était autre : permettre à chacune des 195 parties présentes d’inclure des amendements au texte qui servira de base de discussion à Paris. D’un texte de 37 pages issu de la COP20, nous voilà désormais parvenu à un texte de 86 pages, incorporant les souhaits des différents Etats sous formes de propositions, qui pourront ou non être retenus dans les mois à venir. Si toutes les options sont désormais mises sur la table, il est encore difficile de se faire une idée du contenu final de l’accord. Nombres de questions politiques de premier plan restent en effet à trancher, comme celles de l’équité dans la répartition des efforts, du niveau de soutien (notamment financier) que les pays développés apporteront aux pays en développement ou encore la question du rôle des marchés carbones dans les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La nature juridique de l’accord, sa durée et la nature des éléments qui doivent y figurer font également l’objet de débats.

Les différents Etats devront communiquer avant la COP21 leurs engagements en matières de lutte contre les changements climatiques. Toutefois, beaucoup se montrent déjà pessimistes sur la capacité de ces engagements à limiter le réchauffement climatique à 2°C à la fin du XXIème siècle, comme la communauté internationale s’y était engagée à la Conférence de Copenhague en 2009. Le niveau d’ambition dont témoigneront les Etats sera pourtant crucial pour bâtir une confiance à même de faire de la COP21 un succès.

Et les jeunes dans tout ça ?

Nous avons pris part à cette session de négociations en qualité d’observateurs. En tant que membres d’associations jeunes, nous sommes rattachés à l’une des neufs branches de la société civile, les YOUNGO (Youth NGO). Cela nous a permis de nous rapprocher des jeunes provenant d’autres pays et d’aborder le sujet de la 11ème Conférence de la jeunesse (COY 11). En effet, chaque année depuis une décennie, les organisations jeunes du pays hôte de la COP doivent organiser la COY. La COP21 ne dérogera pas à la règle. Réceptifs aux propositions que nous leur avons soumises, la préparation de cet événement majeur pour la jeunesse s’amorce de manière positive.

Equipe REFEDD intersession Bonn février 2015

Au cours de l’une des conférences des premiers jours, Rita Mishaan, membre de la délégation guatémalienne, a estimé nécessaire « l’ajout d’un paragraphe centré sur les droits humains et une référence claire à l’égalité des genres et à l’équité intergénérationnelle ». Ce n’est à l’heure actuelle qu’une proposition parmi d’autres, mais elle représente pour nous une avancée. En effet, la prise en compte des générations futures dans la lutte contre le dérèglement climatique fait partie des causes que nous défendons. Les organisations jeunes présentes à la Conférence (dont le REFEDD) ont donc soutenu le maintien de cette proposition à travers leurs échanges avec les délégations d’Etats, Christiana Figueres (la secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatique) et les co-chairs du groupe de négociation.

En parallèle, nous avons également défendu la nécessité d’institutionnaliser le programme Jeune Délégué, qui fait suite à une recommandation des Nations Unies d’intégrer des délégués représentants les intérêts de la jeunesse au sein des délégations officielles aux conférences onusiennes. Cette démarche s’inscrit dans l’objectif de répondre au souhait des jeunes de participer au processus politique. Des premiers contacts ont ainsi pu être noués avec la délégation française afin de promouvoir cette idée.

Nous avons aussi participé au projet Human of the UN Climate Talks. L’idée est de discuter avec les personnes présentes aux négociations et de leur poser une question personnelle, du type « quelle était votre rêve quand vous aviez 7 ans ? », à laquelle s’ajoute la prise d’une photo afin d’illustrer le propos. Cette démarche permet ainsi de montrer que, derrière le profil sérieux de ces gens participant aux négociations sur les enjeux climatiques, se trouve bien un « être humain ».

Relativement calme et constructive, la Conférence de février semble bien éloignée de l’agitation politique et médiatique qui entourera la COP21 et les conférences qui la précéderont. Toutefois, afin que la Conférence de Paris soit un succès, beaucoup de travail demeure à accomplir et les négociateurs devront s’approprier dans les mois à venir le « slogan MFN » né à Genève : « More, Faster, Now ».

Pour en savoir plus, lisez cet article, en français, de l’UNFCCC.

Article rédigé par Audrey Renaudin (coordinatrice du pôle Energie-Climat) et Yann Lesestre (membre du Conseil d’Administration), représentants du REFEDD à la conférence de Genève.

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