Focus COP 26 – Un objectif de neutralité carbone pour l’industrie de la mode

Focus COP 26 – Un objectif de neutralité carbone pour l’industrie de la mode

18 décembre 2020 Climat

La conférence du 10 novembre de la CCNUCC à l’occasion du « Race to Zero » a permis d’identifier les actions clés pour atteindre le zéro émission de carbone à l’horizon 2050 pour l’industrie de la mode.

Les enjeux environnementaux de l’industrie de la mode

Le mot qui ressortait le plus lors de cette conférence, mais aussi dans beaucoup d’autres, était « collective » ou « coopération » et « ensemble ».

Les intervenant·e·s avaient l’air de bien comprendre les enjeux de cette “course vers le zéro émission” et de savoir ce qui doit être fait, ce qui doit changer dans le domaine de la mode et que ça doit changer très vite. La discussion est très centrée sur le fait que l’industrie de la mode doit aller plus loin que les techniques qui existent déjà en matière de réduction des émissions, qu’il faut innover, accélérer les efforts pour avoir un impact concret et qu’il n’y a pas de temps à perdre pour prendre ce tournant. Nous pouvons voir sur l’image ci-dessus les différents piliers du Pacte de la mode (Fashion Pact) qui reprennent ces éléments sous le pilier indispensable de la gouvernance.

Où en est-on ? 

Il est rappelé que les objectifs de l’accord de Paris sont loin d’être respectés pour le moment dans ce secteur, d’où l’urgence et la nécessité d’accélérer. Le système doit changer et toutes les parties prenantes doivent jouer un rôle dans cette transition, notamment le gouvernement. L’importance de l’équilibre dans la participation de chacun, de l’éthique et du partage des coûts est soulignée pour que ce changement ne soit pas réalisé au détriment de certains acteurs, notamment les pays en développement.

Les actions clés des acteurs dans le secteur de la mode

Les objectifs doivent être énoncés clairement, sans confusion possible : quelle est la meilleure chose à faire ? Quelles sont les ressources ? Quelles seront les difficultés à anticiper ? Quel est le rôle de la gouvernance et des chefs d’entreprise dans cette transition ? Etc.

Il faut que chacun avance dans la même direction à travers des actions clés collectives de décarbonation que vous pouvez retrouver sur cette image.

Les actions clés pour atteindre la neutralité carbone (diaporama de la conférence)

Une des actions clés qui est particulièrement détaillée est la nécessité de substituer certains matériaux très polluants dans l’industrie du textile. La séquestration de carbone est aussi évoquée comme l’une des technologies qui aideraient à réduire les émissions de CO2.

Perspective de réduction des matériaux les plus polluants (diaporama de la conférence)

Les opportunités et challenges identifiés dans ce secteur sont divers :

  • la mise à grande échelle des solutions existantes qui ont prouvé leur efficacité ;
  • la nécessité d’envoyer un message marketing très clair (notamment concernant les matériaux bio) ;
  • l’importance de l’engagement dans une voie de décarbonation (aller plus loin que les fausses promesses avec un vrai et profond engagement des différents acteurs) ;
  • la nécessité de prouver aux investisseurs qu’il y aura un retour sur investissement et qu’il n’y a pas de risque pour avoir les fonds et mettre en œuvre ces actions clés.

Les acteurs doivent être sincères et voir la réalité de l’impact carbone du secteur de la mode pour arrêter de se précipiter dans la mauvaise direction et arrêter le business as usual et, encore une fois, ne pas perdre de temps.

La responsabilité des consommateurs 

Un autre point qui est abordé est la responsabilité des consommateurs. En tant que partie prenante, les acheteurs ont aussi leur rôle à jouer dans cette transition. En effet, nous allons devoir payer plus pour acheter des vêtements plus durables, c’est un investissement. Les consommateurs doivent apprendre à acheter de la valeur et de la durabilité. Pour cela, les grandes marques de textile doivent mettre en place une meilleure et plus intelligente transparence pour que les acheteurs sachent réellement ce pour quoi ils payent. 

Mais est-ce que la simple sensibilisation des consommateurs suffirait à modifier le marché de la mode ? Malheureusement, ce n’est pas si simple. De plus, même si les mentalités changent dans la bonne direction, cela prend du temps et justement nous en manquons. On ne peut pas attendre que chaque consommateur choisisse de changer ses habitudes et nous avons besoin de solutions à plus court terme.

Un retard à rattraper pour l’industrie de la mode

Il est intéressant de noter que l’enjeu environnemental derrière cette nécessité de décarboner l’industrie est énorme et extrêmement complexe, ce qui requiert des solutions tout aussi complexes et multiples. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une méthode de réduction des émissions, nous devons agir à toutes les échelles avec des stratégies interconnectées et agir collectivement sur tous les plans.

En conclusion, il faut être très ambitieux pour rattraper le retard de l’industrie textile par rapport aux objectifs fixés pour 2050. Mais si les acteurs du secteur de la mode arrivent à mettre en place des stratégies à grandes échelles en collaboration avec les autres secteurs comme l’énergie et le transport, alors tout est encore possible et le challenge est là.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Nigel Topping, champion de haut niveau pour l’action climatique COP26
  • Gonzalo Muñoz, champion de l’action climatique de haut niveau COP25
  • Kehua Hu, directeur de la gestion durable au Conseil national chinois du textile et de l’habillement
  • La Rhea Pepper, directeur général, Bourse du textile
  • Morten Lehmann, responsable du développement durable, Global Fashion Agenda
  • Rahul Bhajekar, directeur général de Global Organic Textile Standard
  • Rubana Huq, président de l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh
  • Shari Friedman, responsable de la stratégie pour le changement climatique, IFC
  • Stefan Seidel, co-président de la Charte de la mode et responsable du développement durable chez Puma
  • Andrew Martin, directeur : Engagement des parties prenantes et développement commercial au niveau mondial pour la SAC
  • Modératrice, Laila Petrie, PDG de 2050

Tout savoir sur le Fashion Pact : 

Les impacts environnementaux de l’industrie textile :

REFEDD: