Consultation nationale étudiante 2011

porter-voix

10 000 jeunes pour imaginer un enseignement supérieur plus responsable

Le REFEDD et l’association Avenir Climatique ont organisé une consultation nationale étudiante, intitulée « Nos attentes, notre avenir », visant à évaluer les connaissances des étudiants sur le développement durable, à connaître leurs avis et leurs idées sur leurs établissements et leurs formations, ainsi qu’à mieux comprendre leur engagement.

Diffusée auprès du plus grand nombre d’étudiants, dans les établissements d’enseignement supérieur français du 1er avril au 30 juin 2011, la consultation a obtenu les réponses de 10 030 jeunes, dont 9 612 étudiants, sur 346 établissements.

Si la définition qu’ils donnent du développement durable reste très environnementale, soulevant par là le manque de perception de la transversalité et de la globalité de ce concept, pour autant le développement durable reste pour les étudiants un terme synonyme d’espoir et d’opportunités. Une grande majorité d’entre eux (72%) considère le développement durable comme une opportunité pour trouver des alternatives et des solutions aux crises actuelles, et 71% disent même qu’il s’agit d’un moyen de réinventer la manière dont ils veulent vivre. Dans une même perspective, 93% affirment que le développement durable  est un enjeu majeur ou important. L’optimisme et le volontarisme affichés ne doivent toutefois pas masquer une méconnaissance globale et technique, notamment des ordres de grandeur, mettant en avant une faible maîtrise des enjeux et des pistes d’actions prioritaires.

banniere_rapport_verticaleLes étudiants font part de leur volonté réelle d’être acteurs du changement au quotidien, sur des thématiques aussi diverses que l’alimentation, l’énergie, les transports, leur formation, etc. et précisent qu’ils agissent déjà, au quotidien, même si les motivations des uns et des autres peuvent varier (habitude, nécessité, exemplarité etc.). Il apparaît nettement que les gestes concrets et simples du quotidien sont pour les étudiants les plus facilement modifiables et générateurs de changement. Cependant,certains de ces étudiants éprouvent de nombreuses difficultés, voire une incapacité à agir : 60% des sondés se sentent capables d’agir « un peu », tandis que 20% aimeraient mais ne savent pas comment, faisant notamment part de leur dépit face aux difficultés rencontrées, au manque de reconnaissance de la part de leurs établissements.

Au-delà des grandes tendances, l’analyse détaillée des réponses à permis de mettre en avant les principales attentes des étudiants :

Des campus exemplaires: Le plébiscite est unanime en faveur de l’introduction du développement durable au sein de leur lieu de formation, 98% des étudiants pensent qu’il faut introduire le développement durable dans l’établissement, aussi bien dans le fonctionnement du campus (92%) que dans les cours (73%) ou encore dans la recherche (59%) ;

Des enseignements décloisonnés intégrant le développement durable dans tous les cursus : 80% des étudiants souhaitent que le développement durable soit intégré au contenu de leur formation. Au total, ce sont 67% des étudiants qui affirment être prêts à faire du développement durable un critère de choix de leurs cours ou de leur établissement.

Une pédagogie active basée sur de la pratique, en opposition à des cours perçus comme trop scolaires et trop théoriques, et plus d’interaction avec le monde professionnel et les parties prenantes: Pour 84% des étudiants en effet, il est important de rencontrer durant leurs études les parties prenantes du monde professionnel. Les étudiants ont conscience du lien entre les enjeux du développement durable et leur future activité et estiment ainsi que cette dernière sera soit fortement influencée (50%) soit influencée en partie (41%) par ces derniers.

Enfin, directement issues du travail d’analyse et des propositions des étudiants, ce sont 14 recommandations qui émanent de cette consultation. Les étudiants se sont ainsi prononcés en faveur d’une stratégie engagée et d’une gouvernance participative, d’une formation innovante et adaptée aux enjeux d’aujourd’hui et de demain, et en faveur enfin d’une gestion exemplaire des campus.