C’est COPliqué. Immersion et impressions sur une première COP

C’est COPliqué. Immersion et impressions sur une première COP

8 décembre 2014 Climat 0

Equipe REFEDD COP20 Lima« La journée commence par un réveil à 6h, sans vraiment avoir le temps de prendre un petit déjeuner. Nous prenons le bus affrété pour la COP qui met 45 minutes à faire un trajet relativement court car le traffic limeño joue contre nous.

Chaque matin à 8h, nous avons un debrief avec tous les YOUNGO (constituante jeune dont nous faisons parti) pour savoir ce qui s’est passé la veille et ce qui va se dérouler ensuite.

La COP se divise en diverses instances avec des acronymes incompréhensibles, voire obscures. Je me procure donc rapidement un glossaire et apprend les noms des différents groupes. Durant la COP, on peut donc suivre les débats de l’intérieur. Parallèlement il y a une foule de conférences (side-events) sur 1001 sujets : les femmes et le changement climatique, le rôle des peuples indigènes, le changement d’usage des sols dans les milieux forestiers, les mécanismes financiers du climat… Bref, je ne vais pas vous faire toute la liste.

Le but de cette COP

L’objectif de la COP20 est de préparer l’accord qui sera débattu à Paris l’année prochaine. C’est aussi le moment où les différentes instances font le point sur ce qui s’est passé (ou pas) pendant l’année, ou plus exactement entre les inter-sessions qui ponctuent l’année. A Paris, il s’agira de renégocier les accords de Kyoto qui prendront fin en 2020. L’enjeu est de taille donc, car il reste un an aux négociateurs pour préparer un accord.

Ce qui me plaît dans cette COP

Globalement, j’assiste aux side-events et je vais un peu aux plénières. C’est intéressant, lent parfois, mais on n’a pas le temps de s’ennuyer car il y a toujours une conférence à voir ou une discussion à intégrer. Mais ce que je préfère le plus c’est être avec les YOUNGO.

Aux premiers abords, je suis impressionnée par ce groupe qui est bien organisé et dynamique. Respectueux les uns des autres, nous nous écoutons et faisons en sortent de prendre en compte toutes les sensibilités (différences de point de vue liées à nos cultures, liens avec les questions de genre, lien avec des peuples indigènes…). Cela fait des discussions beaucoup plus compliquées certes, mais bien plus stimulantes.

Vision globale, recherche de sens et résultats concrets sont nos maîtres mots. Pour y arriver, nous avons des signes pour prendre la parole et nous avons des facilitateurs de réunion qui distribuent les tours de parole. Assis tous en cercle, nous mettons un point d’honneur à ne pas instaurer de hiérarchie. Quand les esprits s’échauffent nous méditons et, malgré certaines frictions, nous essayons de toujours parvenir à  un accord qui prend en compte toutes nos différences. Bien sur, il y a des tensions et cette année la division nord/sud semble s’accentuer. Même si nous essayons de toujours traduire de l’anglais à l’espagnol beaucoup d’informations se perdent ou sont mal comprises, ce qui accentuent les quiproquos.

Le groupe est également traversé par des tensions entre modérés et radicaux. La question étant de savoir si un groupe représentant les jeunes se doit d’être radical, provocateur, sage ou conciliant…

YOUNGO doit perpétuellement se remettre en question pour progresser. Une nouvelle année commence pour ce groupe car ce soir les votes pour les futurs focal-points se clôturent (sorte d’agents de liaisons qui facilitent la communication entre le secrétariat de l’UNFCCC et YOUNGO et qui sont au nombre de deux, un pour le nord et un pour le sud). Nous assisterons donc toute la semaine à la passation entre ancienne et nouvelle équipe. Les sept prochains jours promettent d’être instances !

Les points négatifs d’une COP

L’élément essentiel qu’il manque, selon moi, à ces négociations sur le climat est une vision globale du développement durable. On a l’impression que le seul but est de réduire les émissions de GES (gaz à effet de serre) sans prendre en compte les autres aspects du développement durable. Or, pour y parvenir, nous devons trouver des solutions globales et durables. Pour cela je trouve que la consultation de tous les gouvernements mais aussi des observateurs est plus qu’essentielle car ils agissent comme des garde-fous, rappelant et alertant sur les effets locaux de certaines décisions internationales.

Et les négociations, elles en sont où ?

Pour l’instant les discussions avancent lentement car il faut organiser l’agenda des négociations, avancer sur les questions de procédure. Les différents organes de la COP clôturent leurs travaux de l’année avant l’arrivée des Ministres pour la seconde semaine.

De notre coté, nous n’avons pas suivi de près ces débats, investissant toute notre énergie dans le groupe de travail de YOUNGO sur l’éducation au développement durable (EDD). Nous avons pu porter les valeurs du REFEDD lors d’un travail de plaidoyer sur l’EDD auprès de délégations officielles. A la semaine prochaine pour connaître les résultats de ce travail et la suite de nos aventures ! ».

Pour en savoir plus sur la place des jeunes lors des négociations, vous pouvez lire la vision de Léa, notre autre envoyée spéciale à la COP,  sur son expérience lors des inter-sessions de juin à Bonn : Récit d’une novice aux négociations climat.

Pour le premier récit de leurs aventures liméniennes, c’est par .

Article rédigé par Jeanne De Kerdrel

Cassandre Charrier:

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