Carton plein pour l’agriculture à la première semaine des intersessions de Bonn

21 juin 2019 Le REFEDD en actions 0

Ce sujet n’était que très peu abordé lors des négociations climatiques, jusqu’à la COP24. Le REFEDD y avait déjà consacré un article (ici). Mais cette fois, la problématique agricole a été longuement discutée et débattue. Représentant.es des agriculteur.trices, scientifiques, organismes de financement et représentant.es des pays ont exposé leur vision d’une agriculture plus résiliente et qui puisse être un levier pour enrayer le réchauffement climatique.

 

Du 17 au 27 juin, suivez le REFEDD aux intersessions !

 

L’agroécologie, sera-t-elle notre nouvelle agriculture ?

L’agroécologie a le vent en poupe aux Nations-Unies. En effet, elle permettrait une transition efficace entre le système agricole traditionnel et un système plus résilient, qui protège les écosystèmes et la biodiversité, permet le développement des populations et assure la sécurité alimentaire.

La réussite de l’agroécologie : donner du pouvoir ainsi que compléter les savoirs ancestraux par les apports et les connaissances scientifiques et techniques actuelles.

Les principes clefs mis en avant par l’agroécologie sont les suivants :

  • Développer les connaissances régionales pour renforcer les capacités de décision des agriculteur.trices locaux.les.
  • Reconnaître le rôle central des femmes dans le développement de l’agriculture.
  • Favoriser le développement et la mise en place de nouvelles techniques pour les agriculteur.trices, qu’ils peuvent expérimenter eux-mêmes et échanger avec d’autres agriculteur.trices.
  • Respecter l’autonomie alimentaire en mettant au cœur des décisions politiques ceux qui produisent, distribuent et consomment. (Source)

 

Figure 1 : Les 10 principes de l’Agroécologie, FAO

 

Quelles discussions et quels travaux sur la problématique agricole à Bonn aux SB50 ?

C’est la KJWA (Koronivia Joint Work on Agriculture) qui est en charge des questions agricoles. Deux sujets transversaux ont été discutés lors des intersessions. Tout d’abord, la définition et la mise en place de méthodes et approches d’évaluation de l’adaptation, des avantages mutuels et de la résilience. Complété par un sujet plus concret, porté sur l’amélioration du cycle du carbone, ainsi que de la santé et de la fertilité des sols dans les prairies et les terres cultivées, et y améliorer la gestion de l’eau.

Parties, observateur.trices de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique), expert.es en charge de la question climatique, ainsi que les membres du public ont pu échanger et donner leur avis lors des workshops tenus pendant ces intersessions.

La KJWA reconnaît l’importance du rôle de l’agriculture face au changement climatique. Et la FAO (Food and Agricultural Organization) a indiqué vouloir soutenir les pays qui transforment leur agriculture pour répondre à la problématique climatique.

 

Figure 2 : Amélie Dupendant, Ingénieurs Sans Frontières pour les YOUNGO (International Youth Climate Mouvement) prenant la parole pour appuyer la question de l’Agroécologie

Quelles suites pour la problématique agricole ?

Le plan d’action sur 3 ans mis en place en 2017 par la KJWA pour traiter de la problématique agricole est composé de 6 sujets. Deux ont été abordés cette semaine à la SB50.

La COP 25, au Chili, sera l’occasion pour la KJWA de se pencher sur la question de l’utilisation des éléments nutritifs et la gestion du fumier dans les systèmes agricoles. Un rapport préliminaire sera publié en septembre 2019 pour préparer le workshop de la COP.

En juin 2020, lors des intersessions des négociations climatiques (SB52), la KJWA portera son regard sur les questions de la gestion du bétail ainsi que sur les enjeux socio-économiques et de sécurité alimentaire. Là aussi, un rapport préliminaire sera publié avant les discussions.

C’est lors de la COP26, organisée par l’Angleterre, que la KJWA remettra son rapport final portant sur les progrès et les résultats des différents travaux. De futurs sujets potentiels y seront aussi mis en avant.

L’agriculture rentre ainsi pleinement en course dans les leviers d’action pour faire face et s’adapter aux changement climatiques. Néanmoins, le sujet est simplement débattu lors des rencontres des KJWA, sans procéder à des négociations ou des votes. Cependant, il reste indispensable de repenser nos systèmes de culture, de production, de distribution, de consommation et de financement des projets agricoles pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris en 2015.

Pour aller plus loin :

Article rédigé par Robin Horriot, étudiant observateur pour le REFEDD aux intersessions SB50 à Bonn.

 

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