Retour sur les RENEDD 2018 : « Voyages alternatifs pour petits budgets »

Le tourisme est un phénomène en plein expansion, mais qui amène malheureusement son lot d’impacts sur l’environnement et sur le climat. Qui n’a pas envie de se prélasser sur des plages idylliques dans les caraïbes ou explorer les paysages de l’Amérique latine ? Eh bien, voyager loin, c’est bien mais c’est difficile à concilier avec un mode de vie durable.

Source : World Tourism Organization (UNWTO) – Tourism Highlights 2017 / Infographie par globe-trotting.com

Nous avons donc souhaité découvrir d’autres alternatives au tourisme de masse, des moyens de voyager qui permettraient à la fois de minimiser son empreinte carbone et de vivre des expériences inoubliables.Nous avons eu la chance d’accueillir lors de notre table ronde 3 voyageur.euse.s aguerri.e.s qui ont pu répondre à quelques-unes de nos interrogations :

Tizian de Enquête d’identité : Tizian est parti un an et demi avec deux amis pour un voyage à vélo à travers l’Europe, les Balkans, le Proche Orient, l’Asie centrale, l’Asie du Nord-est avant d’arriver enfin au Japon. En somme, un exploit impressionnant pour ces trois compères qui ont avant tout cherché à avoir un « voyage pensant ». La démarche de leur périple a été de comprendre les pays et les cultures qu’ils traversaient, à travers le prisme de certains enjeux tels que le féminisme, la religion ou encore l’écologie.

Florie de The Local Shakers : Durant 9 mois, Florie, Barbara et Malorie, 3 étudiantes en communication à Lyon sont parties à la rencontre des Local Shakers (les agitateurs locaux) d’Amérique du Sud, un continent regorgeant d’initiatives locales en faveur de l’humain et de son environnement. Elles ont traversé 9 pays et rencontré 25 initiatives dans le but de démontrer que chacun d’entre nous, à son échelle, peut devenir acteur de la transition.

Rémi Alberola de Stop&Go SciencesPo : Notre troisième intervenant est venu parfaitement compléter le panel en présentant son association d’autostop et donc une manière de voyager ludique, écolo et conviviale, qui s’adapte très bien à de petits trajets tout comme à de longs voyages. L’association, dépendant de l’école SciencesPo, organise chaque année deux voyages à travers l’Europe, (le premier de deux semaines en hiver et le second d’un mois en été), des weekends et un festival étudiant.

 

Ces trois intervenant.e.s de choc réuni.e.s, et avec l’aide de Margaux du pôle Weexplore du Warn, les participant.e.s ont donc pu poser toutes leurs questions, tant bien sur l’expérience tirée au bout du voyage que sur des détails beaucoup plus pratiques.

Les trois intervenant.e.s ont tout d’abord souligné que les modes de transports doux (vélo, bus, stop) représentent un très bon moyen de rencontrer les locaux. Lorsque Tizian traversait l’Iran en vélo, il attirait immédiatement la curiosité des gens, ce qui facilitait évidemment son intégration dans la culture locale. De même, Rémi a pu avoir des dizaines de conversations passionnantes avec les conducteurs, sur des sujets aussi variés qu’il a pu prendre de voitures. Rémi a également insisté sur le fait que le stop permettait de rencontrer des personnes issues de toutes catégories sociales.

La question du montage de projet a également été soulevée. Pour Florie et Tizian, donner un fil rouge à son voyage permet d’avoir un angle d’approche spécifique auprès des locaux et permet d’en apprendre beaucoup plus sur leurs vies, habitudes et mentalités. Cela a l’autre avantage de permettre une meilleure communication sur son voyage et d’en faire profiter un maximum de personnes : en valorisant un voyage durable et engagé, d’autres personnes s’y identifient et lancent leurs propres initiatives.
Définir un projet permet également d’attirer les financements et donc se donner les moyens de voyager pendant une période longue. La question des financements privés été soulevée. Tizian a répondu très simplement à la question en concluant que « tout dépendait de ce que l’on souhaitait faire de son voyage » ; il faut en effet être prudent.e avec les financements privés et les choisir sciemment, en accord avec ses valeurs.

Enfin, le thème de la sécurité a aussi été abordée, en particulier concernant les femmes. Florie nous a raconté que le fait d’être 3 filles n’était pas du tout un problème dans la mesure où les locaux se préoccupaient justement de leur sécurité et donc n’hésitaient pas à les aider. Rémi, quant à lui ajouta sur le sujet du stop que : « l’asso existe depuis 2012, deux fois par an, 30 autostoppeurs.euses parcourent l’Europe pendant plusieurs semaines et il n’y a jamais eu aucun souci. Cela montre donc que, oui il faut toujours faire attention, mais que globalement la sécurité ne doit pas être perçue comme un frein ».

En bref, cette table ronde fut l’occasion d’assister à des témoignages passionnants et inspirants. Nos trois intervenant.e.s nous ont montré à juste titre qu’il était possible de voyager « durablement » et les aventures qui en découlent en sont d’autant plus enrichissantes.

Pour conclure cet article, un petit jeu : où se trouvent ces deux endroits ?

Etats-Unis ? Australie ?

 

Eh bien non, c’est en France ! (Respectivement aux ocres de Rustrel dans la Vaucluse (1) et au lac de Salagou dans l’Hérault). Comme quoi, finalement partir loin, ça ne sert à rien. 😉

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