Une semaine à la voile pour découvrir les paysages méditerrannéens

Du 21 au 28 mai, Théo est parti découvrir à la voile les paysages de la Méditerrannée grâce à une semaine organisée par les volontaires du Saily club (l’asso voile de l’Université Lyon 3) et L3DD, association lyonnaise membre du REFEDD. Découvrez son journal de bord !

 

 

A la découverte de la faune et de la flore méditerrannéennes

Lyon, dimanche 21 mai. C’est ici qu’une trentaine de personnes qui ne se connaissent pas vont embarquer pour une semaine entière de voile à la découverte des paysages méditerrannéens. 7 heures de car plus tard, nous arrivons finalement à Saint-Mandrier, dans le Var. Chargement des packetages sur nos 4 voiliers de 45 pieds (environ 15 mètres de long) et… au dodo pour entamer la première journée du bon pied !

Saint-Mandrier

 

Le lendemain, c’est avec le soleil et dans la bonne humeur que la journée commence ! Après que les consignes aient été données, direction le grand large ! Faute de vent, nous devons malheureusement nous résigner à faire usage du moteur mais ce n’est que partie remise… Une fois l’encre posée, il est temps de profiter : c’est l’heure des  premières baignades ! Viendront ensuite les temps dédiés à la randonnée dans les calanques puis à l’escalade.

Au milieu de ce cadre idyllique, notre guide nous explique l’histoire de ce site unique, classé Parc National Naturel depuis avril 2012.

Nous voyons aussi tristement les ravages de feux de forêts successifs qui détruisent tout sur leur passage en moins de quelques heures. Il est également question de qualité de l’air : en effet, les calanques ne sont pas si propres qu’elles n’y paraissent, toutes les pollutions urbaines et industrielles de la ville de Marseille sont portées par les vents qui les poussent vers le littoral. Cette pollution ne se ressent pas physiquement mais les expert.e.s sont pourtant unanimes : la pollution de l’air y est plus importante que partout aux alentours…

Enfin, le guide nous explique le phénomène controversé des « boues rouges » . Il s’agit de résidus chimiques de couleur rouge issus de l’usine de Gadargne, située non loin des calanques, qui rejetait directement dans la mer les résidus nocifs issus de son procédé industriel, contaminant ainsi toute une large zone servant notamment de lieux de vie à de nombreuses espèces marines. Les conséquences de ces rejets sont terribles : plus aucune pêche n’est possible dans cette zone du fait des boues rouges. Depuis quelques temps, l’usine utilise un nouveau procédé qui rend cette fois les résidus incolores mais les concentrations en plomb et en produits toxiques ne diminuent pas pour autant… Les fameux résidus rouges sont désormais déposés sur terre, déplacés au gré des vents, au grand dam des locaux qui voient à chaque bourrasque leur habitations se faire recouvrir de poussière rouge.

 

Sensibilisation à l’environnement : débats et actions concrètes

Le soir venu, nous nous réunissons tous autour d’un feu de bois pour discuter d’un thème environnemental marin. Nous décidons d’évoquer le phénomène des boues rouges et d’essayer de comprendre comment nous avons pu en arriver à de pareilles situations. Par ailleurs, le fait que cet évènement ait été organisé par 2 associations, l’une sportive, l’autre de développement durable, permet de sensibiliser celles et ceux qui ne se sentent pas nécessairement concerné.e.s de prime abord par ces questions. Il est donc extrêmement profitable de réussir à mixer différentes savoir-faire et connaissances de manière à ce que chacun.e puisse ressortir grandi.e d’une telle expérience.

Les calanques

 

Jeudi fut la journée de navigation la plus éprouvante mais aussi la plus technique et la plus intense : 10 heures de navigation de la calanque de Sormiou jusqu’à Porquerolles. Virements de bords, bourrasques et chants marins nous ont accompagnés tout au long de cette journée forte en émotion et esprit d’équipe.

Le travail collectif ne s’est pas arrêté là en raison de l’opération nettoyage des plages que nous avons mené lors de notre avant dernier jour de croisière. Armé.e.s de gants et de sacs poubelles, nous avons récupéré un maximum de déchets laissés par l’Homme (plastiques, médicaments, textiles décomposés…). Malgré 2 heures de travail intense, le constat reste dur à avaler : il y aura toujours des déchets et l’on pourrait tous rester sur un mètre carré pendant la journée que l’on continuerait à trouver des bouts de plastique. C’est dans ce genre de moments que l’on se dit que ce que l’on fait n’est pas grand-chose. Néanmoins le fait que des visiteurs extérieurs et notamment des enfants nous aient rejoints dans notre collecte des déchets est une source de motivation énorme qui a su nous remobiliser et nous redonner courage !

C’est aussi l’occasion de discuter écologie et ce que l’on peut faire à son échelle pour agir concrètement afin de faire en sorte d’éviter que le massacre de l’environnement ne continue. A la fin de ce ramassage c’est plus de 3 sacs de 150 litres  que nous avons collectés et nous en sommes fièr.e.s !

Mais il est déjà samedi soir, tout le monde profite des derniers moments sur les bateaux avant de devoir (fatalement) retourner à Lyon. Chacun.e aura pu découvrir les différents aspects du paysage marin des différents endroits protégés tout en apprenant comment les préserver. Ce fut aussi l’occasion pour tous de pratiquer la voile, sport respectueux de l’environnement et propice à l’épanouissement tant personnel que d’un groupe.

En espérant vous avoir fait voyager à travers mon récit, je vous souhaite à tous et toutes d’excellentes vacances ! 😀

 

Article rédigé par Théo Goethals, étudiant à Lyon 3 et membre de l’association L3DD.

REFEDD: