Villes durables : comment agir localement et efficacement ,

4 décembre 2017 Climat, Les initiatives DD

De quoi parle-t-on quand on évoque « la ville durable » ? Juliette, étudiante à Sciences Po Aix et observatrice climat à la COP23, vous raconte ses rencontres avec des acteurs et actrices du climat et des villes durables à Bonn.

Via Le Monde.fr http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/26/ljubljana-nouvelle-capitale-verte-de-l-europe_4446299_3244.html

Pendant que des négociateurs du monde entier se réunissent afin de trouver des compromis pour répondre à la problématique climatique à l’échelle mondiale (la COP23) , de nombreuses solutions sont déjà mises en place au niveau local. Pendant toute une semaine, j’ai donc pu assister à de nombreuses conférences animées par des hommes et femmes politiques, des urbanistes, des entrepreneurs des 4 coins de la planète. Ces professionnels étaient présents pour nous exposer des expériences de villes durables qui existent et fonctionnent.

 

Les villes durables : un réseau s’établit

Lors d’un dialogue entres experts et parlementaires allemands et scandinaves concernant les solutions à apporter pour instaurer des villes durables, un parlementaire finlandais se félicitait même de voir que le nombre de solutions présentées pendant les COP augmentait années après années. Certaines villes n’ont effectivement pas attendu la mise en place d’une législation internationale sur le climat pour s’engager dans un développement durable. 95 villes mondiales se sont ainsi regroupées au sein du réseau « C40 CITIES » (dont Londres, Paris, Mexico City, New York, Durban, Los Angeles, Melbourne, Boston…) pour collaborer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ces métropoles représentent à elles-seules 650 millions de personnes et plus de 25% du PIB mondial. L’idée est d’instaurer une feuille de route propre à chaque ville afin d’atteindre au plus vite les objectifs cités dans l’Accord de Paris de 2015. Ainsi, des partenariats se sont créés entre ces villes du monde entier dans le secteur commercial, universitaire et de recherche.

A noter qu’aux Etats-Unis, malgré le retrait du pays des Accords de Paris sur le climat par le Président Donald Trump, 382 maires américains représentant 68 millions de citoyens se sont tout de même engagés à « adopter, honorer et défendre les objectifs climatiques de l’Accord de Paris ».

 

La Scandinavie a ouvert la voie

Les représentants des pays scandinaves présents à la COP23 avaient pour objectif principal de démontrer que les actions en faveur d’un développement durable ne se font pas au détriment de la croissance économique. Pour prendre l’exemple de la Suède, Stockholm est parvenue en 30 ans à décupler sa croissance de 41% tout en réduisant considérablement ses émissions de gaz à effet de serre de près de 35%.

Avec Helsinki, les 2 villes ont mis en place des péages en fonction du taux de pollution dégagé par chaque type de véhicules et cette politique a entrainé une diminution de l’utilisation de la voiture de 4 à 5% pendant les heures de pointe. De plus, Helsinki a misé sur une forte incitation à utiliser des vélos dans la ville, autant d’un point de vue financier (l’abonnement annuel s’élevant seulement à 25 euros), que d’un point de vue pratique avec une multiplication du nombre de bornes de vélos en libre service.

Une journée comme les autres à Copenhague…

Un député danois a évoqué la réflexion des villes durables scandinaves et a rappelé que l’essentiel est de simplifier un maximum la vie des citoyen.ne.s qui utilisent des transports écologiques (faciliter et sécuriser les trajets en vélos par exemple, comme le fait la ville de Copenhague au Danemark).

De même pour la Norvège, la représentante du Parlement norvégien a tenu à souligner que la ville d’Oslo avait récemment décidé de rendre le centre-ville accessible uniquement à pied dès 2019 (à l’exception des livraisons). La parlementaire a voulu également insister sur le chiffre suivant : la Norvège est le pays avec le plus de voitures électriques par habitants malgré que le pays possède un vaste territoire et par conséquent des distances considérables entre les différentes villes du pays.

Dialogue entre expert.e.s et parlementaires allemands (Berlin) et scandinaves via Skype durant la COP23.

Conscient.e.s que la taille des villes scandinaves ne peut être comparée à celle des grandes métropoles mondiales, les représentants des pays nordiques s’accordaient à penser que leurs modèles de développement durable peuvent être intensifiés et adaptés à la particularité de chaque ville. Une parlementaire norvégienne a ainsi décidé de terminer son discours avec ces mots : « agir en faveur de l’environnement n’est pas dans notre ADN, cela nous demande beaucoup d’efforts et une forte volonté politique » afin de rappeler que ce tournant écologique n’est pas réservé à une minorité de villes. Il serait donc temps d’arrêter de se contenter de citer ces villes comme exemple mais également suivre la voie qu’elles ont initié.

Article rédigé par Juliette Poma.

Pour aller plus loin :

REFEDD: