Les pailles en plastique, fléau des océans

28 septembre 2017 Biodiversité

Chaque année, huit millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés dans les océans autour du globe  – soit l’équivalent d’une benne à ordures de plastique déchargées chaque minute. Parmi ces huit millions de tonnes, cinq cent millions de pailles en plastique. Pas grand-chose donc ? Sauf que ces pailles en plastiques sont très difficiles à ramasser et qu’à l’exception des personnes qui les utilisent pour des besoins médicaux, elles ne sont aucunement nécessaires à la consommation de boissons ou d’eau.…

Vamos a la playa…

Des pièges pour les animaux marins

Les pailles en plastiques, pourtant d’apparence si insignifiante, représentent un danger non-négligeable pour les océans. Elles sont très légères et aboutissent rarement à la poubelle de recyclage ; elles s’envolent où le vent (et notre négligence) les emportent. Les pailles font d’ailleurs partie du Top 10 des objets ramassés lors des campagnes de nettoyage des plages.

Les pailles en plastique, c’est 6% de la totalité des déchets ramassés sur les plages (Source: Rapport 2016 de Ocean Conservancy)

Sur son blog (en anglais), le Ocean Conservatory a affirmé le 5 octobre 2012 :

« Rien que l’année dernière, on a trouvé assez de pailles en plastique jetables pour en mettre une chaque jour dans votre boisson, durant les 1 250 prochaines années »

Elles s’emmêlent et s’enchevêtrent dans les algues, et sont de redoutables pièges pour les animaux marins et pour les poissons. Par exemple, cette vidéo [attention, images très difficiles] de 2015 montrant des scientifiques tentant d’extirper une paille enfoncée profondément dans le nez d’une tortue de mer.

Une fois dans l’océan, le plastique et en particulier les pailles se dégradent et deviennent du « micro-plastique ». Il devient alors encore plus difficile de s’en débarrasser, et ce micro-plastique se retrouve généralement dans le poisson que nous consommons. Or, les pailles sont fabriquées à base d’hydrocarbures et d’adjuvants dont certains sont des perturbateurs endocriniens comme le BPA qui contaminent non seulement l’océan, mais les utilisateurs et l’environnement.

 

Des campagnes de sensibilisations

En France, c’est l’association Bas les pailles !, composée de Mounia El Kotni, Yasmine El Kotni, Johanna Niedzialkowski et Ghita Chraïbi, qui se bat contre l’utilisation de pailles en plastique. Après avoir lancé une pétition en avril 2017, l’association lance ce mois-ci le challenge Septembre Sans Paille.

Bas les Pailles mise tout sur le changement des comportements : « Lorsque nous commandons une boisson, précisons «sans paille». Parlons-en autour de nous, sensibilisons nos proches et nos restaurateurs de quartier problématiques environnementales ».

 

 

 

Toi aussi, refuse les pailles !

Alors toi aussi, quand tu sors, que tu commandes à boire, refuse la paille !

Toutefois, pour certaines personnes atteintes d’autismes, de sclérose en plaque, après un AVC, etc., les pailles restent indispensables. Pour ceux-là, et pour tous ceux qui ne peuvent pas se passer de paille, il existe des alternatives « zéro déchet » notamment des pailles en plastique compostable, en papier, en bambou, en verre ou en inox !

En 2014, l’Institut français de recherche pour le développement indiquait que chaque année, 1,5 millions d’animaux mourraient à cause du plastique. Dans un rapport de 2016, la Ellen MacArthur Foundation prévenait que, si rien n’était fait pour changer les choses, il y aurait en 2050 plus de plastique que de poissons dans l’océan…

Il est donc temps d’agir ! Réduis ta consommation de plastique à usage unique ; et refuse la paille !

Pour aller plus loin:

  • La pétition lancée par Bas les Pailles
  • Les hashtags #BasLesPailles, #SeptembreSansPaille et #StrawlessSeptember pour suivre les actions de l’assocation Bas les pailles ! sur Instagram et Twitter
  • Le challenge #StopSucking de l’association américaine LonelyWhale et leur programme Strawless Ocean

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