Le REFEDD observateur à l’intersession de Bonn

Le REFEDD observateur à l’intersession de Bonn

13 mars 2014 Climat 0

Assemblée intersession Bonn

Le groupe de travail « Ad Hoc » de la plate-forme de Durban pour une Action Améliorée (ADP) tiendra une nouvelle session à Bonn du 10 au 14 mars 2014. Un des principaux objectifs de la plate-forme est « que toutes les Parties fassent le maximum d’effort en faveur de l’atténuation » du changement climatique, d’une part en renforçant les ambitions en termes de réduction des ­­­­émissions de gaz à effet d’ici 2020, d’autre part en définissant les contours d’un instrument légal qui succédera au Protocole de Kyoto.

Les principaux enjeux de la COP 21, qui se tiendra à Paris en 2015, seront la ratification d’un nouveau traité et la définition de niveaux ambitieux d’objectifs d’atténuation, notamment en ce qui concerne les engagements de réduction de gaz à effet de serre. Si l’Union Européenne a de son côté fixé un objectif de réduction des émissions de 80% à 95% entre 1990 et 2050, avec un palier intermédiaire de 20 à 30 % entre 1990 et 2020, d’autres pays comme le Japon et l’Australie sont revenus sur leurs engagements. Après l’échec de Varsovie en novembre 2014, l’intersession de Bonn sera donc un premier pas pour commencer à renégocier ces objectifs.

L’adaptation aux impacts négatifs du changement climatique devient une priorité pour de plus en plus de pays exposés, qui n’ont d’ailleurs souvent pas les moyens d’y faire face seuls. De nombreux pays africains ont d’ailleurs stipulé qu’ils n’accepteraient d’accord en 2015 que si l’adaptation en constituait le point central. Par ailleurs, des discussions ont été ouvertes pour renforcer le lien entre les mesures d’adaptation et d’atténuation, par exemple en matière d’agriculture et de reforestation. Cette connexion permet d’inciter les pays à augmenter leur niveau d’ambition au travers de mesures qui bénéficient également à l’adaptation.

Equipe REFEDD Bonn 2014

Pour impliquer les pays développés  aux efforts collectifs d’atténuation, le transfert de technologie et le renforcement des capacités sont des éléments cruciaux. Concrètement, les pays en développement souhaitent bénéficier d’aides pour la mise en œuvre de leurs actions, en soulignant que ceux-ci restent les premières victimes des conséquences du changement climatique. Les 200 millions de réfugiés climatiques estimés d’ici à 2050 seront en effet essentiellement issus de ces pays.

La question du financement des mesures reste centrale. Les pays développés se sont engagés à Copenhague en 2009 à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, mais sans préciser comment cette somme serait financée. L’Afrique, durant la COP 19 à Varsovie, a demandé que le financement soit public, car les fonds privés sont liés à des intérêts économiques. Le Fonds Vert pour le Climat est censé faciliter le transfert des fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables, afin de mettre en place des projets pour combattre les effets du changement climatique.

Il est important de trouver un nouvel accord en 2015. En proposant à Varsovie que 50% des fonds soient destinés à l’adaptation et 50% à l’atténuation, la délégation française a pris une position qui ne satisfait en fait personne. Il faudra bien trancher à un moment, mais quoi que l’on fasse, la lutte contre le changement climatique va nécessiter des actions fortes dans les prochaines années.

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