« Les Petits Bonheurs d’un jardin en ville », interview des auteurs Kady Josiane Dicko et Damien Deville

Il est temps pour vous de découvrir « Les Petits Bonheurs d’un jardin en ville » un livre « composé de bonheurs simples et éternels »

 

 

Jules Renard déclarait « Un livre, c’est déjà une borne. » Kady Josiane Dicko et Damien Deville ont déjà bien avancé. Et c’est avec l’écriture de leur 1er livre « Les Petits Bonheurs d’un jardin en ville » que nous partons à leur rencontre.

En voici le résumé :

Par sa diversité, un jardin en ville n’est pas une histoire. Ce livre est une multitude de petites histoires écrites par les « jardiniers » qui les composent. Ce petit ouvrage nous en propose quelques-unes, vécues ou observées, nous invitant à retrouver des plaisirs qui se perdent trop souvent dans les tréfonds de la ville. Des petits plaisirs composés de bonheurs simples et éternels qui permettent de retrouver une poésie quotidienne, indispensable à l’émergence des sociétés durables d’aujourd’hui et demain. 

 

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ce livre ?

En parallèle de mon parcours académique, j’ai toujours été très engagé dans la réalisation de projets  environnementaux et culturels qui me tiennent à cœur. C’est toujours très stimulant, d’un point de vue intellectuel, de confronter des concepts théoriques préalablement acquis à des actions concrètes en société. En 2014 j’ai été élu président de l’Assemblée Générale à la Cité Internationale Universitaire de Paris. J’étais alors en charge de représenter les habitants de la Cité auprès de différentes instances institutionnelles à Paris. J’ai voulu là encore mettre en action la vision sociale et politique que je défendais lors des conseils d’administration.

C’est dans ce cadre qu’avec un groupe d’amis, nous avons créé et géré un grand jardin collectif dans le 14ème arrondissement de Paris, baptisé « Jardin du Monde » en référence au public fortement international qui le fréquentait (et le fréquente toujours). L’objectif principal  de ce jardin était de créer un lieu de rencontre et de partage qui participe à une éducation environnementale. Ce jardin a eu un beau succès et très vite des 4 personnes en charge du projet, l’équipe de gouvernance s’est agrandie à plus 40 personnes. Josiane a alors participé à ces activités collectives pendant une année.

L’idée de ce livre a germé un peu plus tard. Il y avait d’abord l’envie de sensibiliser à l’importance de nouvelles formes de nature en ville dans la transition sociale et écologique et de nos sociétés. L’écrire à quatre mains permettait de confronter différents regards d’un même lieu et ainsi d’enrichir le récit : moi avec mon enfance passée à la campagne, parachuté à Paris pour y faire mes études, Josiane avec sa culture et son éducation burkinabé venue dans la capitale française pour une mission professionnelle.

Dans quelles villes vous êtes-vous basés pour écrire ce livre ? Et pour quels publics ?

Notre livre se base sur des histoires vécues ou observées dans les jardins en ville : au « Jardin du Monde » bien sûr, mais également dans les autres jardins que nous avons pu fréquenter à Paris. Néanmoins nous avons essayé de penser l’écriture du livre par des récits « universels » dans le sens où ils permettent aux lecteurs de se projeter dans n’importe quel jardin, qu’il soit en ville ou à la campagne, en France ou à l’étranger. Il ambitionne aussi – modestement – de montrer qu’un jardin regroupe des enjeux bien plus larges que la « simple » fonction environnementale. Sous certaines formes, un jardin peut prendre des formes citoyennes, sociales, politiques, économiques, poétiques etc.

Nous pensons donc que ce livre peut s’adresser à tout type de lecteurs : de ceux qui ont simplement l’envie de s’évader à ceux qui cherchent à avoir des réflexions sociales et politiques sur nos modèles sociétaux.

Quels sont les enjeux pour les citoyen.e.s d’avoir un jardin en ville ?

Ils sont incontestablement nombreux : un jardin est riche de sa multifonctionnalité. Travaillant aujourd’hui à l’INRA – où je théorise les projets environnementaux en ville comme outil d’égalité sociale – je me rends compte à quel point les jardins sont nécessaires aux hommes. De manière non exhaustive on peut dire qu’un jardin favorise la biodiversité en ville (sauvage mais aussi cultivée), permet de lutter contre l’ilot de chaleur urbain, d’accéder à des lieux de nature synonyme de bien être, de rencontre et de partage, et d’engendrer des dynamiques d’éducation environnementale.

Mais personnellement ce qui me passionne le plus, c’est la formation nouvelle de collectifs liée à la place des jardins en ville. Par les relations intimes qui se créent entre les plantes et leurs jardiniers, les jardins permettent de réfléchir aux nouvelles relations à favoriser entre nature et culture. Egalement, par l’appropriation citoyenne de l’espace qu’exercent les jardiniers en ville, les jardins peuvent être vus comme de véritables outils politiques pour repenser la démocratie urbaine et par extension notre système politique. Jardiner est un véritable geste militant.

Quel avenir pour les jardins en ville ?

Je pense que le développement des jardins doit être raisonné à l’échelle locale : en fonction des contextes propres à chaque ville, ils peuvent prendre des formes différentes. Ici comme ailleurs, les étiquettes n’ont que peu de sens. Cependant il est important de penser la complémentarité entre les formes de nature portées en ville et celles de nos campagnes. Certaines formes d’agriculture urbaine par exemple rentrent en forte compétition avec les fermes des campagnes, or lorsque ces dernières s’ancrent dans des dynamiques de terroir, elles diffusent aussi de belles valeurs culturelles et écologiques.

Que voulez-vous transmettre à travers votre livre ? 

Nous avons essayé d’intégrer des thèmes diversifiés tels que le vivre ensemble, l’environnement, des façons nouvelles de penser la citoyenneté et la démocratie, le partage, l’esthétisme de la vie… L’idée était qu’en fonction de ses sensibilités, chaque lecteur puisse voir apparaître des choses différentes mais qui peuvent se fédérer dans une façon globale de penser et de vivre nos sociétés. Plus modestement, nous y avons mis tout notre amour des gens et des plantes. On espère que cela se ressentira…

 

Biographies des auteurs:

Kady Josiane Dicko

Kady Josiane est ingénieur en eau et assainissement avec une spécialisation en gestion de l’environnement et de l’énergie Engagée et active sur les projets de développement durable en Afrique comme en France, elle est membre de l’association Jeunesse Active pour le Développement Durable et du Parlement Mondial de la Jeunesse pour l’Eau.

 

 

Damien Deville

Damien est agro-écologue et anthropologue de formation. Il fait actuellement de la recherche à l’INRA sur les enjeux sociaux et politiques des jardins en ville. En 2015/2016, Damien a été un service civique au sein du REFEDD

 

 

 

 

 

En savoir plus sur « Les Petits Bonheurs d’un jardin en ville » :

Vous pouvez l’acheter dès maintenant sur Edilivre.

Les bénéfices réalisés seront reversés à l’association Jardin du Monde, à la Cité Internationale Universitaire de Paris.

Par ailleurs le REFEDD collabore souvent avec Jardin du Monde, on peut se souvenir des 2 Disco Brunch :

Retours sur la Semaine Etudiante du Développement Durable de Paris et d’Ile-De-France (SEDD)

⇾ Retours sur le Disco Brunch du REFEDD à la Cité Universitaire de Paris

Participant.e.s au Disco Brunch au Jardin Du Monde

Merci à Damien et Kady Josiane d’avoir partagé avec sincérité leur expérience et de nous avoir accordé du temps. Et encore un grand bravo !

 

Article rédigé par Oriane Gufroy – Assistante de communication au REFEDD

REFEDD:

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