Intersessions 2019 : l’adaptation en action

L’adaptation est un sujet très peu abordé dans les pays développés, puisque ces derniers n’en ont pas un besoin urgent. Pourtant, la mise en place de stratégies mobilise tous les acteurs, à toutes échelles de la société. Pendant les intersessions, certains pays ont pu présenter des exemples de l’implémentation de projets grâce aux fonds pour l’adaptation !

 

 

L’adaptation, c’est quoi ?

L’adaptation fait référence à l’article 7 de l’Accord de Paris. C’est l’idée selon laquelle le changement climatique nécessite une approche adaptée à chaque région : il n’y pas une seule solution qui puisse répondre aux besoins de tous. En fait, il s’agit de voir comment on peut sectionner les solutions et les implémenter à plusieurs niveaux : niveau national, régional et local. Il y a aussi l’idée que ce processus de changement doit être ascendant, c’est à dire qu’il doit souligner et favoriser la communication entre les différents acteurs afin de mettre en place des solutions plus adaptées. Pour ce faire, les situations doivent être examinées au cas par cas, une solution universelle ne fonctionnant pas ici.

 

L’adaptation aux intersessions

Pendant les intersessions SB50, il a été rappelé à plusieurs reprises que l’adaptation nécessite impérativement une approche transfrontalière ; non seulement au niveau régional et territorial, mais aussi entre communautés. Les parties se sont aussi posé la question de rendre le fonds pour l’adaptation plus attractif pour inciter les acteurs privés à y investir. Il a été mis en avant des programmes déjà existants proposés par des grands organes privés. C’est le cas par exemple de Cocoa Life par Mondelez International (qui comprend les marques Lu, Oreo, Côte d’Or, Prince et Toblerone, entre autres).

Un rappel a également été fait sur l’importance de mixer les savoirs entres les différentes disciplines (éducation et agriculture par exemple). Il faut donc prendre en compte ce qui a été appris de l’implémentation de certains projets dans certaines régions et introduire ce savoir et cette technologie dans d’autres régions du monde pour d’autres disciplines et d’autres contextes.

 

 

L’adaptation en action

Les fonds pour l’adaptation ont permis de financer plusieurs projets partout dans le monde. Lors de la SB50, les résultats de l’avancée de certains projets ont été présentés.

 

Au Costa Rica

Un projet du fonds d’adaptation au Costa Rica aide les communautés autochtones locales – qui comptent parmi les groupes les plus vulnérables du pays sur les plans économique et climatique – à s’adapter aux changements climatiques et à renforcer leur résilience, en les aidant à sauver leurs propres méthodes agricoles traditionnelles et durables. Par exemple, des solutions adaptées sont proposées aux agriculteur·rice·s confronté·e·s à des conditions climatiques extrêmes (inondations ou sécheresses), avec également de l’aide apportée au moyen de solutions alternatives (meilleure gestion des sols, retour aux pratiques traditionnelles). Les micros et petites fermes sont aidées pour le passage de 4 à 6 vaches, ce qui leur permet d’améliorer leur production tout en étant durable.

Un travail d’amélioration de la gestion des sols est aussi mis en place : changement du type d’herbe, implémentation d’un système de rotation et récupération de l’herbe coupée grâce à un système de réservoirs. Ces innovations contribuent à la transformation des zones de pâturages. Toute la stratégie financée par le fonds pour l’adaptation mise en place au Costa Rica renforce également la coopération entre les exploitations agricoles elles-mêmes. Les communautés construisent ensemble, en soutenant leurs voisins mais aussi en apprenant et en échangeant (des semences, par exemple). Preuve de l’efficacité de ces méthodes : les agriculteur·rice·s qui mettent déjà en œuvre des mesures d’adaptation n’ont pas été affecté·e·s par les événements météorologiques qui ont touché le pays l’année dernière.

En Afrique du Sud

En Afrique du Sud, on observe l’autonomisation des plus vulnérables dans le cadre des projets du fonds d’adaptation de l’Afrique du Sud. Aux intersessions, deux projets axés sur les communautés locales ont été présentés. En premier, le projet uMngeni, piloté par les autorités locales afin de permettre une meilleure mise à l’échelle et réalisé en partenariat avec une université. Les membres de la communauté font déjà l’expérience du changement climatique avec périodes de chaleur et pénuries d’eau notamment. Des concours entre étudiant·e·s et agriculteur·trice·s avaient été organisés. Les deux groupes ont été mis en concurrence pour faire pousser des cultures, dans le but d’améliorer les connaissances et la coopération, tout en recherchant des solutions durables pour faire face aux défis croissants et stimuler l’économie et les marchés ruraux. En second, un mécanisme de petites subventions pour permettre au niveau local d’apporter des réponses au changement climatique a été implémenté. Les températures élevées, la rareté de l’eau et les précipitations irrégulières et abondantes affectent la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des ménages en Afrique du Sud. En 9 mois, le projet a beaucoup évolué et est en bonne voie d’atteindre les objectifs dans les délais prévus.

 

 

En Inde

En Inde, l’heure est à la création de modèles qui pourraient profiter à un grand nombre de personnes. Il est important de passer de la pratique à la politique et de renforcer la résilience des petits agriculteurs. La déforestation massive provoque une érosion rapide de la couche arable dans certaines parties du pays. Une planification participative détaillée de l’utilisation des terres et de la cartographie des terres a été réalisée afin de déterminer ce qu’il advient du sol à quels moments. Une analyse de ces données révèle que la fréquence des sécheresses modérées à extrêmes a augmenté de façon significative.

 

Le mot de la fin

Pour conclure, il est compliqué de voir les effets à court terme des projets financés par le fonds de l’adaptation mais les résultats à long terme parleront d’eux-mêmes. Nous devons cesser de reléguer le changement climatique au second plan, de penser comme si cela n’avait pas d’impact au jour le jour, en restant dans la même routine habituelle. L’adaptation est un processus sans frontières et doit être pensé comme tel.

 

Article rédigé par Raphaëlle IMBACH, étudiante observatrice pour le REFEDD aux intersessions SB50 à Bonn et présidente de l’association The New Locals (Université Catholique de Lyon).

REFEDD:

0 Comments

Would you like to share your thoughts?

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.