Le Potager de mon Grand-Père : un documentaire qui « croque la vie »

29 juin 2016 Biodiversité

Avec 32 000 entrées en quelques semaines et une centaine de projections-débats aux quatre coins de la France, Le Potager de mon Grand-Père connait un réel engouement auprès du public. Le REFEDD s’est entretenu avec son réalisateur, Martin Esposito, qui, avec ce film, prouve que des alternatives aux géants de l’industrie agro-alimentaire existent et peuvent être mises en oeuvre.

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©Destiny Films

« Il faut cultiver son jardin » ou la nécessité de revenir à l’essentiel

Avec Le Potager de mon Grand-Père, on remarque d’emblée le contraste avec Super Trash, le précédent film du réalisateur qui, quatorze mois durant, s’est mis en scène au cœur d’une décharge du Sud-Est de la France. Alors que ce premier documentaire avait pour objectif de « dénoncer une problématique » – celle de l’agro-industrie et de la surconsommation – le second tend davantage de l’observation du vivant et prône le besoin d’un retour à la nature. : « Dans Super Trash, ce sont les hommes qui imposent leur rythme, avec cette surconsommation excessive. Avec Le Potager, c’est la nature qui réimpose son rythme de saison, avec le grand-père qui se nourrit directement depuis son potager. C’est un réel retour aux sources. Ensuite, derrière cette urgence, il y avait l’obligation de suivre le rythme des saisons et donc, obligatoirement, de revenir à la source de ce qui nous fait nous, en tant qu’être humain. ». La vie, donc.  

 

L’apprentissage de la terre et la transmission des savoirs

La transmission du savoir est aussi au cœur du discours de Martin Esposito. Le réalisateur prône ainsi l’importance du « faire » mais aussi – et surtout – du « faire soi-même ». En clair, passer de la réflexion à l’action et de vivre ses propres expériences sans suivre les dires d’autrui. « On a toujours des idées reçues. Moi-même, j’avais des idées reçues par rapport à mon grand-père. Il faut arrêter d’écouter ce que les gens disent, ce qui compte c’est de faire ses expériences et de les confronter entre elles, et non pas de confronter une quantité d’informations émises de la part d’autrui. C’est important de comprendre ce qui fonctionne, et comment cela fonctionne. Cette observation des lieux, c’est ça qui compte. ».

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©Destiny Films

Et quand on lui demande quel message il voudrait faire passer aux jeunes pour qui ce retour à la terre peut sembler une notion loin des aspirations auxquelles ils sont confrontés actuellement, il répond : « L’homme, pour sa survie, a toujours recherché des alternatives. Je ne suis pas du tout inquiet pour cette génération extrêmement motivée qui a sa place dans la société. On assiste aujourd’hui à un réveil des consciences, notamment en termes de santé publique, et on ne se retrouve plus dans ce schéma de vie, dicté par le profit et la rentabilité. Face à cette situation, les alternatives deviennent donc obligatoires. ».

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Le Potager de mon Grand-Père, en salle depuis le 20 avril 2016. 76 min.

Synopsis : « Chez son grand-père, Martin est venu se ressourcer, aider et partager des moments de vie. L’aïeul lui transmettra son savoir, un peu de ses racines et les secrets de ce potager cultivé par amour pour sa femme disparue. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. C’est un hymne à la vie et à cette nature que nous devons protéger. »

Pour aller plus loin :

Le DVD du film

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« Super Trash : le film qui soulève des montagnes d’ordures »

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