Risques, tensions, mobilisations : Greta, les jeunes et la planète face au CETA

13 août 2019 Climat 0

Le mardi 23 juillet dernier, l’Assemblée Nationale a voté la ratification du CETA ou l’accord économique et commercial global. Pourtant, peu avant le vote, Greta Thunberg, quatre membres de Youth For Climate France ainsi que Valérie Masson-Delmotte du GIEC avaient pris la parole pour demander aux politiques de passer à l’action face à l’urgence climatique. Entre mesures adoptées, risques associés et divisions, on vous raconte tout.

 

Greta Thunberg, Youth for climate et Valérie Masson-Delmotte à l’Assemblée Nationale (Source : L’Etudiant)

 

La ratification du CETA, qu’est-ce que cela implique ?

Tout d’abord, il faut savoir que toutes les mesures relevant uniquement de la compétence européenne (ce qui correspond à 90% de celles-ci) ont déjà été approuvées en 2017. L’enjeu de ce dernier vote était donc de valider les 10% restants ainsi que de valider ou rejeter l’ensemble du CETA. En effet, pour que celui-ci s’applique dans sa totalité, les 38 parlements de l’UE doivent le ratifier : si un seul des 38 parlements se dit contre le CETA, celui-ci sera rejeté d’un bloc. Concrètement, le CETA est un accord de libre-échange entre les pays de l’UE d’une part et le Canada d’autre part qui a pour objectif de faciliter les transactions entre ces deux acteurs. Pour cela, l’accord convient d’abaisser les droits de douanes ainsi que d’uniformiser les normes. 

Pourquoi ce traité fait-il l’objet de nombreuses controverses ?

Néanmoins, le traité est loin de faire l’unanimité : autant chez les agriculteur.trice.s que chez les politiques, le débat est vif. L’une des principales inquiétudes de celles et ceux qui s’y opposent est l’impact environnemental qu’aura cet accord – d’autant plus que « le futur premier ministre du Canada pourrait être Andrew Scheer, un conservateur qui a voté contre la ratification de l’Accord de Paris. » (Selon Nicolas Hulot).

Une des mesures particulièrement controversées est la création d’un « tribunal d’arbitrage » qui permettrait aux multinationales de porter plainte contre une nouvelle loi lorsque celle-ci lèse ses intérêts économiques. Cette mesure augmenterait considérablement le pouvoir des lobbies et empêcherait certainement les député.e.s de prendre des mesures en faveur de l’environnement. 

En réponse à cette inquiétude, les Européen.ne.s et Canadien.ne.s ont négocié la mise en place d’un « véto climatique », dispositif censé protéger les décisions environnementales discutées au tribunal d’arbitrage. Les États, usant de leur « véto », respecteraient dès lors leurs engagements climatiques en se soustrayant du pouvoir de pression des investisseurs. Néanmoins, ce que les député.e.s appellent « véto » n’est rien de plus qu’un droit de contester, qui doit encore être validé par le Conseil Européen ainsi que par le comité mixte du CETA.

 

COLCANOPA via Le Monde

 

Les autres controverses concernent les risques sanitaires et écologiques inhérents à l’accord. En effet, l’essence même du traité va à l’encontre des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, et, comme l’a dit Ivy de Youth For Climate : « pourquoi importer du bout du monde des produits dont nous n’avons pas réellement besoin ? ». D’un point de vue sanitaire, cet accord permettrait d’autoriser l’importation de produits issus de pratiques pourtant interdites au sein de l’UE (bœufs dopés aux antibiotiques activateurs de croissance et nourris aux farines animales notamment).

De plus, certaines ONG s’inquiètent d’un risque futur d’abaissement des normes sanitaires : l’organisation mondiale du commerce ainsi que le Canada ne reconnaissant pas le principe de précaution, lorsque l’UE voudra mettre en place une nouvelle mesure, elle risquera de se faire attaquer par le Canada et ses investisseurs financiers, alors partenaires économiques.

Soyez au rendez-vous en septembre !

Malgré les applaudissements qu’ont suscités les intervenant.e.s, exprimant pourtant leur réticence, la majorité des député.e.s français.e.s ont ratifié l’accord. Néanmoins, l’application des mesures requiert toujours l’accord de tous les parlements des membres de l’Union Européenne.

Soyez rassuré.e.s, la motivation de Youth for Climate et de la jeunesse ne s’essouffle pas, rendez-vous le 20 septembre pour la troisième grève mondiale pour le climat ! S’ensuivra une semaine entière de mobilisation à travers la France.

(Source : 350marin.org)

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