Retours sur l’afterwork dédié aux métiers de l’alimentation responsable

Mardi 22 mai, nous organisions notre dernier afterwork de l’année 2017/2018 consacré aux métiers de l’alimentation responsable et à leurs enjeux. Entre l’impact carbone engendré par le gaspillage alimentaire et la volonté de rendre accessible les alternatives à l’alimentation conventionnelle, on vous fait la synthèse des échanges de cette soirée placée sous le signe du mieux manger.

 

 

Animé par Oihan, créateur de Neqtar, l’application pour des courses responsables, et Alix qui vous donne rendez-vous chaque lundi avec LundiCarotte, la newsletter dédiée à la consommation responsable, la soirée s’est déroulée en compagnie de 3 professionnels du secteur de l’alimentation :

  • Jean-François Guiret, directeur d’Horizon, l’entreprise qui veut démocratiser le bio en le livrant directement aux consommateurs sur leur lieu de travail.
  • Alexandre Durand, co-fondateur de la start-up Graapz (qu’on vous présentait déjà en interview il y a quelques semaines) qui propose des paniers de 3 kilos de fruits et légumes récupérés auprès de primeurs et d’épiceries chaque semaine pour 20€ par mois.
  • Patrice Raveneau, de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) qui porte le projet Mon Restau Responsable, le label qui permet aux restaurants collectifs (publics ou privés) d’obtenir une garantie valorisant leurs efforts pour une alimentation durable et de qualité.

 

L’alimentation responsable : une vocation ? 

Parce qu’il n’existe pas encore de Licence Professionnelle « Alimentation durable », nous avons voulu savoir comment nos 3 intervenants sont venus à travailler dans ce secteur. Pour Alexandre, sa curiosité est d’abord née à Montréal où il suivait des études de biologie. Plusieurs personnes de son entourage pratiquait le dumpster diving, cette pratique qui consiste à faire les poubelles des supermarchés pour y récuperer des quantité (parfois) impressionnantes d’invendus. A son retour, il a souhaité continuer sur cette lancée et s’est donc inscrit en étudiant-entrepreneur pour concrétiser son projet. Quelques concours (remportés) et formations sur l’entrepreneuriat plus tard, il a réussi à tester son service en récupérant les fruits et légumes invendus sur les marchés de Paris qu’il redistribuait ensuite, à bas coût, dans son université : soit la version bêta de Graapz qui fonctionne aujourd’hui en partenariat avec les primeurs et épiceries fines parisiennes et lyonnaises.

De son côté, Jean-François Guiret, d’Horizon, ingénieur de formation, a subi la malbouffe durant ses nombreux voyages à l’étranger. De là est venu son questionnement : comment bien manger, simplement, partout et sans se ruiner ? Après une année entière de recherche culinaire pour s’exercer à la cuisine saine, il a organisé des dégustations éphémères dans différents lieux de Paris puis a ouvert sa propre enseigne avec deux autres cuisiniers dans le 2ème arrondissement de la capitale.

Quand à Patrice Raveneau, d’abord professeur de SVT puis responsable du service environnement d’une commune qui lui a fait découvrir les enjeux du milieu territorial, il a rejoint la FNH après une mission de « sensibilisateur à l’environnement » au sein d’une association.

De gauche à droite : Patrice Raveneau (FNH) Alexandre Durand (Graapz), Jean-François Guiret (Horizon), Alix (LundiCarotte) et OIhan (Neqtar)

Des actions concrètes pour répondre aux enjeux alimentaires actuels 

Manger bio à prix abordable, pouvoir disposer d’alternatives efficaces pour contrer l’alimentation conventionnelle et limiter le gaspillage alimentaire : tels sont les enjeux de ces métiers. Pour Patrice Raveneau, le choix de consommer tel ou tel produit est déjà source de multiples enjeux, qu’ils s’agissent de l’impact carbone engendré par la production des aliments ou de financer les acteurs et entreprises de la grande distribution.

En plus de créer de la valeur à des produits qui n’en avaient plus, les métiers de l’alimentation responsable permettent aussi de sensibilisater les consommateurs à de nouvelles pratiques alimentaires, comme le précise Alexandre Durand de Graapz : les personnes inscrites sur la plateforme ne choississent pas le contenu des paniers qu’elles viennent récuperer chaque semaine. Elles découvrent ainsi de nouveaux produits et disposent d’un carnet d’idées recettes pour préparer simplement et sans prise de tête le topinambour ou le panais qui a atteri au fond du sac. De plus, Graapz prend le parti de communiquer en présentant les quantités d’économies engendrées grâce au service (par exemple, pour un panier de 3 kgs de fruits et légumes invendus, c’est plus de 2000 litres d’eau préservée).

On peut aussi aller plus loin dans l’action responsable comme Jean-François Guiret qui fait appel à des livreurs en vélo et souhaite passer à un système Zéro Déchet afin de limiter son impact environnemental. 

 

Les métiers de l’alimentation responsable : des voies impénétrables ? 

Nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui souhaitent s’orienter vers les métiers de l’alimentation responsable. Fort heureusement, il n’existe pas de voie unique ! Certains décideront de créer leur propre entreprise, comme l’a fait Alexandre de Graapz, d’autres préfereront se rapprocher et apprendre auprès de personnes ou structures ressources (associations, start-ups etc.) pour développer leurs compétences ou simplement alimenter leur réseau.

On le sait : seul, on va plus vite mais à deux, on va plus loin ! L’essentiel, avant de se lancer dans cette aventure, est bien entendu de penser toutes les étapes du cercle vertueux dans lequel on veut s’engager. La question de la rentabilité est aussi à prendre compte, d’où l’importance de bien choisir ses partenaires afin d’espérer de tenir dans la durée pour voir changer, enfin, les choses.

Enfin, attention cependant à ne pas laisser de côté les structures conventionnelles comme les grands groupes de la distribution qui sont en train d’agir dans le même sens (et oui, même Carrefour passe au durable désormais !). La transition écologique et alimentaire ne pourra se faire sans eux donc autant s’allier à ces structures et faire bouger les choses (sans pour autant être naïf sur les motivations des grosses entreprises qui changent leur vision du jour au lendemain…#greenwashing).

 

Pour aller plus loin :

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